
Le projet "NS Hope"

Une des salles de biostase, ici une partie de la salle de la centrifugeuse avec trois (des douze) modules individuels ou reposent les Redcliffe, Keiko et neuf de leurs compagnons depuis plusieurs années. Image Didier Groux.
Biostase ; l’état de vie ralenti ;
L’espace de vie « Hope » est un lieu vaste, mais clos, ou l’on entre une fois et qu’on en sort une seule fois quarante ans plus tard après un état de vie latent de trente-neuf années.
La vie, à un certain stade de complexité est fragile. Tenter de représenter une cabine de biostase par exemple, est des plus délicats, ne sachant trop comment un corps humain doit être entretenu, toutefois l’immersion dans un liquide est probable. Le conteneur sera peut-être une bulle d’un diamètre de deux mètres ou un corps humain pourra être manipulé physiquement ?
Un voyage de presque 30 ans à bord de l’Espérance, nécessite pour quelques milliers de personnes, des quantités de provisions phénoménales en air et nutriments. Les chiffres de base qui sont utilisés pour les consommables métaboliques (air, eau et nutriments), sont sont de 5 kgs par jour et par spationautes auquel il faut ajouter l’eau d’hygiène ; au minimum, 10 l par jour, presque 110 tonnes pour 30 ans, soit près de 165 tonnes en tout par personne, pour cette période de 30 ans qui comprend les périodes d’embarquement et débarquement qu’il faut ajouter à un tel voyage !
Les études récentes en matière de recyclage, laissent supposer que l’on pourra réduire considérablement les apports de base. Quel pourcentage de réduction pourra être adopté, sachant que recycler indéfiniment doit poser problèmes et que la moindre erreur pourra déstabiliser définitivement le système, une erreur qui peut-être aussi extérieure au système. Quelle marge peut-on garder d’autant que la conservation a ses limites, ne faut-il pas plutôt suivre l’idée du projet « Melissa » qui est de créer un écosystème complet qui permet une production de matières en traitant nutriments et air ?
La réussite d’un si long voyage sera le résultat de l’intrication résultante d’une foule de disciplines et non de quelques-unes, ainsi un recyclage complet ne sera adaptable qu’avec la même valeur de progrès réalisés parallèlement, en médecine par exemple ou l’on a compris que les os s’affaiblissent, la masse musculaire diminue, ce qui traduit l’adaptation fantastique des êtres, mais nécessite des connaissances approfondies pour maintenir les états de vies nécessaires a l’adaptation d’une faible ou très forte pesanteur.
La vie ralentie est possible dans la nature (ours, Marmottes, insectes, hérisson, tortue..) et l’on pourra probablement faire plonger le corps humain en mode de veille, un mode de vie suspendue qui permettra l’économie nécessaire de consommables métaboliques que nécessite le très long voyage interstellaire, (ce qui réduira d’autant les apports métaboliques de base). On peut déjà provoquer l’hibernation de rats, animaux qui n’hibernent pas naturellement. La marmotte divise par vingt sa consommation de dioxygène en hibernation.
Il faut immobiliser le corps, créer une pesanteur artificielle, alimenter en air, eau et nutriments l’ensemble biologique. L’être soumis à cet état qui n’est pas naturel, devra supporter cela et sera certainement modifié génétiquement. Cet état se nomme « Biostase »
« L’état de biostase permet théoriquement de figer totalement l’organisme en l’état à un instant T et de le conserver ainsi indéfiniment ». Wikipédia
L’immobilisation d’un corps permet une réduction d’énergie et d’espace habitable, mais immobiliser un corps est-ce vraiment possible ?
J’ai opté pour le maintien dans un liquide, ce qui permet des mouvements et opté pour l’unité mécanique individuelle. La pesanteur par mouvement circulaire compense la faible pesanteur de poussée des moteurs, l’ensemble mécanique obtenu ressemble à un manège qui possède douze boules orientables. Le spationaute est dans une combinaison étanche forcément reliée à l’habitacle circulaire par un cordon relativement souple. La combinaison est munie de petits moteurs externes situés en bout de bras et jambes et qui permettent de manipuler le spationaute inconscient.
J’ai découvert une fois de plus le résultat du dessin final, mais cette fois avec une sorte de crainte car on est loin des images de fiction. L’état de biostase nécessitera des manipulations génétiques, un remplacement du sang, des récepteurs internes fixés ou non, une intubation totale, une acceptation totale de la personne pour cet état et une confiance sans limites en cette entité qui n’est pas humaine et qui veille sur leurs vies. Il y a une mise en biostase et une sortie de biostase, quelle en seront les périodes, la durée totale supportable ? Ce qui est certains c’est que pour être valable, la période de biostase devra être assez longue, car un corps consomme, même s’il tourne au ralenti !
Le vaisseau ne pourrai que transporter des embryons, qui seraient développés sur l’autre planète, c’est peu spectaculaire en fiction, mais réducteur d’énergie et d’espace habitable. Je n’ai retenu cela que pour les animaux et plantes.
Dans le vaisseau les tores fermés (en forme de meule de gruyère) qui protègent les cabines prennent une place importante à bord du vaisseau et c’est en répartissant ces tores avec un maximum d’unités que j’ai pu calculer le nombre total de personnes qui voyagent à bord, le nombre de chambres doubles total, le nombre de navettes qui vont débarquer et vérifier si les citernes sont en assez grand nombre.
Ainsi trois mille soixante-douze frêles personnes filent à une vitesse fulgurante au travers d’un univers hostile, vers une destination très lointaine dont ils ne savent que peu de chose. Je continue de découvrir mes héros qui prennent ainsi une autre valeur.
La même salle en éclairage classique. Image Didier Groux.

Double pesanteur, suite ;
Ce choix dicté par des moteurs assez puissants capable de produire une pesanteur continuelle m’obligea à poursuivre dans la voie de cette architecture insolite. Cette double architecture devint à la fois très complexe et plus simple avec la possibilité de déplacer des éléments, comme des escaliers, des panneaux, ou d’avoir des pièces pivotantes ou basculantes. Le nombre de pièces détachées n’a cessé de croitre, à la manière d’un mobilier détaché de la structure d’une habitation et fixé momentanément à celle-ci.
Le vaisseau étant promis à un démantèlement partiel, pièces descendues sur Elpis comme les grilles, certains panneaux, l’agencement interne en est modifié en pièces pliables, emboitables, voire gonflables, comme les matelas, sièges.
La finalisation générale est un ensemble utilitaire qui fait penser à l’intérieur d’une caravane.
L’image ci-dessous montre une pièce de détente, située au plus haut de la structure interne, au septième étage. Le hublot sous l’escalier laisse voir le vide interne du vaisseau et non le fond étoilé visible en faces externes.. L’apparence générale est celle d’un ensemble utilitaire puisque la plupart des éléments sont destinés à être emmenés sur Elpis. La moitié de la pièce est le miroir de l'autre moitié. Image Didier Groux.


L’image ci-dessus montre une pièce d'entrepôt. La moitié de la pièce est le miroir de l'autre moitié. Les portes sont coulissantes, s'ouvre ici en haut ou a droite selon la pesanteurs, les balustrades servent aussi de grilles. Image Didier Groux.
Ci-dessous, salle de contrôle, section 19; salle pivotante qui s'adapte à l'architecture du vaisseau, selon la pesanteur active. Image Didier Groux.


