
Le projet "NS Hope"

Homme de Vitruve et inventions. Image sous licence Pixabay.
Le grand silence des astres.
Le contexte ;
Le monde moderne est né à la fin du dix-neuvième siècle, ou l’on a mis en pratique les inventions du siècle et les découvertes devenues inventions, toujours améliorées, des siècles passés qui découlaient d’observations des millénaires antérieurs de phénomènes environnementaux humains, cet environnement extrêmement agressif qu’il fallait bien affronter et dompter au risque de disparaître. Une évolution similaire à celle du genre humain, a-t-elle pu se développer ailleurs dans l’univers ?
Ces inventions furent des bouleversements dans l’histoire humaine ; pour la première fois on pouvait par exemple, avec le télégraphe, avoir des nouvelles immédiates, l’électricité commençait à éclairer les rues, que l’on commençait à recouvrir d’asphalte plus pratique pour se déplacer avec des voitures automobiles. Voler comme les oiseaux devenait possible en ballon motorisé, voire en aéroplane. Le chemin de fer propulsé à des vitesses jamais atteintes reliait les pays, comme les navires mus désormais par la vapeur, bientôt par le diésel et qui passaient à présent par le canal de Suez pour aller en Orient. Avec la mise au point des premiers vaccins la peur des maladies s’éloignait, l’espoir de ne plus mourir très jeune devint réalité. Avec le microscope la théorie cellulaire pouvait être vérifiée par observation directe, la lunette d’approche arrivait à ses limites et on développait le télescope, plus lumineux, moins lourd. L’éducation se démocratisa, avec la lecture popularisée on pouvait avoir des nouvelles et se laisser imaginer les fictions formidable d’auteurs qui pensaient le futur comme Wells (1898) ou Verne (1865) auparavant. La future science-fiction avait désormais ses bases, cet imaginaire devenait possible et offrait matière à penser de ces nouvelles interrogations, comme le voyage dans le temps, sous la Terre, les mondes invisibles etc. La photographie montra des visages, des paysages, avec le télescope, les cratères lunaires, des étoiles inconnues. La représentation du monde changea, du village on passa aux grandes villes, au pays, aux continents, les temps célestes des signes, des dieux fantastiques, des saints, étaient révolus et le genre humain se posa volontiers sur la plus haute marche du podium des espèces.
Quand on annonça la probable découverte de plusieurs canaux sur Mars, (certains crurent voir des lacs, des forêts) la question de la vie ailleurs, qui parcourait les esprits depuis l’antiquité, put enfin avoir une réponse positive, malgré d’autres observations contradictoires. Les découvertes appliquées aux techniques, prouvaient qu’on pouvait envisager la réalité des canaux, perçues au travers des supposés formidables instruments d’optique de cette époque, avec la presque certitude de leurs réalités. La médiatisation en marche fit oublier qu’on pouvait chercher ailleurs et expliquer par illusion d’optique ce que peintres, sculpteurs ou architectes savaient depuis longtemps. La science d’alors n’avait pas la rigueur qu’elle a aujourd’hui, qui prouve une chose avant d’annoncer qu’elle existe.
Au début du vingtième siècle, le doute se dissipa quand on utilisa de grands télescopes qui détaillaient alors plus finement la surface de Mars ; les canaux disparurent des cartes, mais pas des esprits d’autant que Vénusiens et Saturniens pouvaient encore échapper aux observations !
On commença avec des télescopes géants équipés de plaques photographiques, à pouvoir voir et comprendre ces surfaces gris-pâles visibles un peu partout là-haut, ces « univers-îles » nébuleux éloignés dans l’espace, mais aussi dans le temps. L’univers devint d’une grandeur démesurée et notre système solaire extrêmement petit. En 1924 de l’univers Soleil, puis galactique on passait à l’univers d’au-delà la galaxie. La voie lactée devenait notre galaxie parmi tant d'autres, avec un nombre d’étoiles découvertes toujours en augmentation, tout comme le nombre de galaxies d’un univers aux dimensions que l’imagination humaine avait désormais du mal à appréhender. La nébuleuse, amas de gaz et de poussières, celle d’Andromède par exemple, devint galaxie, un ensemble de milliards d’étoiles extérieur à la « Voie lactée ».
Entre les étoiles de la voie lactée, outre les galaxies de taille importante, de petits points pâles suggéraient la présence de galaxies encore plus lointaines, mais il faudra attendre la lignée des grands télescopes et d’autres techniques pour affirmer l’impensable.
Autour des étoiles de notre galaxie on ne trouvait rien, mais cela n’arrêtait pas les esprits qui pensaient que des êtres pouvaient venir de telle ou telle étoile, comme si la vie sur une étoile était possible, alors que l’on ne devrait parler que de, système planétaire de. Le Système solaire était l’exemple universel qui ne pouvait que l’être et représenté ailleurs de la même façon, avec une vie aussi, mais on en avait aucune preuve.
Les mondes évolués de notre système planétaire disparurent de la possibilité d’exister; pas de messages optiques, radios, pas de lueurs citadines et pas de canaux.
La vie ailleurs, prenait un nouvel essor avec la venue possible d’être venus de beaucoup plus loin, sans comprendre vraiment cet ailleurs de dimensions et de vides extraordinaires. La fiction revint au galop en laissant de côté une réalité de gigantisme difficile à supporter d’autant augmentée par le facteur temps de voyage interstellaire, aussi difficile à appréhender que ce temps de la physique devenu relatif, sans parler d’une autre physique dite quantique !
La fiction documentée imaginait des stations spatiales habitée en orbite autour de la Terre, stations utilisant la rotation pour assurer une pesanteur.
Les travaux sur les radars pendant la dernière guerre permirent l’élaboration de télescopes radio opérationnels. L’idée était de capter un message, sur une longueur d’onde précise qu’utiliserait un monde intelligent. Les observations radio lointaine débutèrent avec optimisme, les extra-terrestres seront démasqués !
Le nouveau monde moderne est né en août mille neuf cent quarante-cinq au Japon. L’ère de l’atome utilisé était bien là, traduisant la formidable avancée technique de l’humanité et celle possible des autres mondes qui pouvaient utiliser cette technologie pour propulser leurs engins spatiaux (et s’entre-tuer si bon leur semble). Une idée germa ; envoyer beaucoup plus haut les missiles…
La seconde moitié du vingtième siècle fut le théâtre de la concrétisation des techniques sophistiquées, tous domaines confondus, des techniques appliquées aussi à la vie courante comme la radio, le téléphone, l’électricité chez tous, le petit écran devenu grand, le cinéma en couleurs et celle qui étaient impensables quelques décennies avant, furent mises au point ; on pouvait se déplacer dans le monde marin avec combinaison et bouteilles, l’aviation porta le genre humain a des vitesses jamais égalées, le premier satellite tourna autour de la Terre. Le monde des fusées naissant permettait d’imaginer un accès aux grandes stations orbitales du futur.
La petite Laïka en 1957 prouva qu’il était possible d’effectuer un vol orbital et prouva que les humains pouvaient vivre dans l’espace et aussi que d’autres êtres venus d’ailleurs étaient en mesure de le faire. Le genre humain allait partir à la conquête de l’espace !
1961; il était temps d’envoyer un homme là-haut ! Les voyages spatiaux étaient désormais une réalité palpable. Quatre ans plus tard on sortait à l’extérieur de petit habitacles mis en orbite à l’aide de combinaisons spéciales. On parla de cosmonautes, d’astronautes et d’extraterrestres ou aliens, voire petits gris, leurs équivalents d’un autre monde qui ne pouvait qu’exister. Les fusées missiles devenaient des lanceurs.
On ne se contenta plus de faire orbiter les sondes, qui désormais filaient à la rencontre de la lune et des planètes du système solaire. Très nombreux furent les échecs. La première photo de la Terre entière pu être admirée. Les mesures de première approche faisaient état des étranges mondes du système solaire ; Mars mort, avec des volcans, des cratères, des failles, Vénus ultra-chaude. Du survol on passa à orbiter autour des planètes.
Le genre humain alunit, une première dans l’histoire. Une première qui mit l’humanité sur la piste possible d’une colonisation de l’espace.
Les moyens étaient rudimentaires, l’échec n’était pas loin, mais l’événement lia un moment le monde humain, comme il devrait l’être au futur ; lié par la paix.
Pour la première fois, le 15 décembre 1970 un objet de conception humaine (Venera 7) se posa, plus exactement tomba, sur une autre planète de notre Système solaire, entrainant aux souvenirs le mythe des petits Vénusiens. Les suppositions devenaient des faits prouvés; volcans géants sur Mars, failles, eau ? Compositions des atmosphères, températures (Vénus avec ses 464° de température de surface), pression (90 bars sur Vénus), mesure des gaz. Des photos arrivèrent du sol Martien, pas de vie. Les sondes restaient sur place.
Sur Terre, les techniques de voyages désormais accessibles à tous ouvrirent les esprits aux rencontres, peut-être d’un autre type? La fiction n'étant qu'humainement imaginable les petits hommes verts se sont transformés, sont en nombre croissant et leurs innombrables vaisseaux sont devenus géants. Le doute n’était plus permis ; la formidable machine à fiction Américaine en imposait ! Cette fiction poussa à voir dans les phénomènes inexpliqués l’arrivée sur Terre d’habitant venus d’ailleurs, comme si tout était expliqué par le genre humain sur Terre ! Le cinéma ne permet pas la part d’imagination qu’offre le livre, d’autant qu’il devient réaliste, plus crédible et offre les premières réponses visuelles aux questions de temps, d’espace, la fiction rejoint la réalité au cinéma.
Ou que l’on regarde les techniques se modifiaient, nous allions à toute vitesse vers l’an 2000, époque mythique, lointaine, un quart de siècle, où nous pensions qu’il y aurait des voitures volantes, circulant autour de buildings démesurés sans trop penser aux réalités techniques et physiques, mais le modernisme galopant laissait penser qu’il ne pourrait qu’en être ainsi, ici et ailleurs.
Les stations spatiales rotatives étaient le futur de l’humanité et l’on pensa à les agrandir au point de créer un gigantesque vaisseau propulsé emportant un monde humain qui pourrait voyager loin de la Terre ! Des millions de personnes logeraient dans un cylindre gigantesque propulsé par des moteurs ! Vivre uniquement dans l’espace en voyageant, l’humanité sauvée !
Les observations radio ne permirent que des études ultérieures sur les phénomènes radios venant de tous les astres de l’univers, sans rien découvrir d’autre ; pas de messages venus des étoiles proches comme Tau Ceti (12 al) ou Epsilon Eridani (10,5 al). La réponse au message parti de la Terre à Arecibo en 1974, nous parviendra peut-être dans 44400 ans de l’Amas d'Hercule, si dans 22200 ans est intercepté ce message très bref et si nous sommes encore là !
Plus sérieusement, le développement de la radioastronomie permit à partir des années 1970, de découvrir quelques des secrets de l’Univers, puis en fin de siècle, des molécules prébiotiques, mais en situation interstellaire cette fois, un formidable espoir pour ce qu’on appela couramment l’exobiologie, une science interdisciplinaire centrés sur l’étude de la vie ailleurs, une première ! L’univers devint plus familier alors, petite déception toutefois, les pulsars n’étaient pas des signaux émis par des civilisations, mais des phénomènes stellaires de fin de vie de certaines étoiles.
Les modèles séries d’étoiles s’étoffent. Le passé de l’univers se comptait désormais en milliards d’années, rejoignant les dates de la géologie désormais fixée sur ce genre de datations (1950) ! Les fossiles marins de haute altitude laissaient deviner un passé assez chaotique, idem des fossiles trouvés dans les veines de charbon bien en deçà de la surface et voilà que les continents aussi bougeaient par plaques séparées par les failles du fond océanique (1963) ! L’idée naissait qu’ailleurs similaire développement a pu se faire et doit se faire pour que la vie apparaisse. Un ensemble figé n’est pas favorable à la vie, toutefois l’extinction massive d’espèce montra la fragilité de l’ensemble vivant face au volcanisme, aux météores.
Les temps nouveaux;
Le temps de la Terre, son histoire, s’allongea à quatre milliards et demi d’années et la chronologie de la vie établie laissa apparaître presque autant d’années d’évolution, tant bactérienne que virale, végétale ou animale, l’ensemble étant lié. La différence des dates est d’environ 400 millions d’années seulement !
Notre espèce, une des dernières crées, fruit de quelques millions d’années que l’on compte sur les doigts d’une seule main, n’occupe qu’une place réduite dans le temps passé depuis l’apparition d’une vie complexe sur Terre. La dernière version du genre Homo, Sapiens, n’a qu’un quart de million d’années, la domestication de son environnement 10000 ans, date à laquelle il aurait pu être considéré comme évolué, ou en marche d’évolution par des extraterrestres, marche franchie véritablement au début du siècle précédent.
Le groupe bien connu des Dinosaures a prospéré 175 millions d’années. Ces prédateurs ont disparu il y a 65 millions d’années, à la suite de multiples contraintes, laissant le champ libre au développement, en évolution continuelle, d’autres espèces devenues dominantes.
La spécificité de notre espèce a évolué avec le climat, les cataclysmes, les maladies, les prédateurs et l’on peut supposer que si les circonstances avaient été plus favorables, qu’une apparition du genre humain moderne aurait été possible plus rapidement.
La diversité de formation des exoplanètes est telle que l’on peut certainement élargir fortement la période d’apparition d’une vie sur une planète, mais cette diversité ne sous-entend pas que l’on puisse élargir les possibilités d’apparitions d’une vie telle que nous la connaissons, car la vie qui atteint un certain niveau de complexité semble assez fragile quand a sa survie et semble se développer avec difficultés. Elle est peut-être simplement le fruit du hasard, une anomalie née des événements et bouleversements qui ont eu lieu sur terre.
Ailleurs, une civilisation a pu apparaître bien plus tôt sur une planète née en même temps que la Terre et moins bouleversée que la nôtre par plusieurs extinctions, il y a par exemple 50 millions d’années. On peut imaginer cette civilisation à présent éteinte, mais on peut penser qu'une civilisation lointaine verra son apogée dans 50 millions d’années!
Il est à noter que nous sommes repérable par des espèces extraterrestres que depuis un siècle et demi, ce qui a l’échelle des temps ne représente rien. L’ensemble vivant en revanche est repérable depuis fort longtemps. L’information de notre présence prétendument intelligente voyage à la vitesse de la lumière, ainsi nous ne sommes repérables pour le moment, que dans une bulle de 150 années-lumière seulement.
Combien de temps une civilisation évoluée peut-elle durer, ce qui est certainement très variable, mais au regard de la nôtre, cette durée est probablement limitée dans le temps. Des phénomènes de surpopulation, d’appauvrissement des richesses, de pollutions, les guerres, peuvent être des caractéristiques de civilisations.
La vie sur Terre est multiple, agressive, un virus tenace peut ramener une civilisation a un état antérieur, surtout s’il a été préparé pour cela ! Les bactéries développent des résistances.
Nous voyons à notre optique, des développements similaires aux nôtres, mais est-il universel ce développement qui n’a rien de brillant, et va conduire probablement à la fin de l’humanité. Un autre vivant pourrait avoir envie de ne pas communiquer avec un vivant dont l’histoire n’est qu’un immense charnier ! Eprouve t'il cette délirante envie de coloniser, qui du reste, n’en ferait qu’un essaimage d’autres espèces très peu représentatives de l’espèce d’origine ! Ce vivant pensant n’a probablement pas la même technologie et peut ne pas produire d’ondes radio, il peut voir l’univers sans chercher obstinément à en comprendre le sens. Cette recherche, qui est sur Terre ombragée par la dominance d’un groupe sur un autre, est de fait probablement hors de portée des humains.
L’univers est le théâtre d’accidents les plus divers, comme des impacts planétaires, certes moins fréquents dans un système planétaire rodé par le temps, mais pas impossibles et pourraient supprimer un potentiel d’évolution prometteur. Les singuliers sursauts gamma détruisent la vie et stoppent net une évolution si avancée soit-elle. L’évolution de Mars montre que la vie a pu y apparaître, mais que sa masse ne permettait pas à long terme son évolution. Au niveau local les événements climatiques, géologiques peuvent s’avérer désastreux.
L’univers avec ses milliards d’années d’évolution a vu disparaître nombre d’étoiles et leurs systèmes planétaires et en voit d’autres apparaître, (9474 étoiles par secondes dans l’univers observable, partie visible) qui probablement ont porté et porteront civilisations avant que vive notre soleil et quand il sera éteint depuis longtemps.
Grandeurs nouvelles;
L’univers physique nous est devenu immense, gigantesque, ainsi qu’aux autres supposées civilisations extraterrestres, si avancées soient-elles. Il est si gigantesque que nous ne pouvons l’imaginer que difficilement, voir: Développements page 1, toutefois nous étions encore loin d’en comprendre ses dimensions en expansion, en dynamie perpétuelle.
A la suite du programme « Pionner (10 et 11) », Voyager 2 en fin d’année 2018, aurait atteint l’espace interstellaire après 41 ans de voyage et porte à son bord un des deux « Voyager Golden Record », un message statique à consulter sur place. Il faut donc à une civilisation découvrir la minuscule sonde qui est quasiment indétectable et qui évolue dans un univers extrêmement immense et l’analyser après capture. La définition de cet objet de la part d’un analyseur sera peut-être ; petit débris non identifié d’un objet industriel.
Les sondes ne sont que sortie de l'héliosphère (zone de prédominance magnétique), et sont toujours dans la zone de prédominance gravitationnelle de notre étoile et donc encore dans notre Système Solaire qu’elles ne quitteront que dans 30000 ans !
La sonde voyager 2 passera à 1,7 année-lumière (AL), soit un peu plus de seize mille six cents milliards de kilomètres) de Ross 248 (située à 10,33 AL) dans environ 40000 ans, une étoile proche du soleil qui pour le moment, n’a pas d’exoplanète découverte. Elle dépassera Sirius dans 300000 ans, mais de très loin (quatre Années Lumière).
Une aventure similaire arrivera à Voyager 1 qui passera au voisinage (1,7 AL) de Gliese 445, (située à 17,6 AL) dans 42000 ans, qui est aussi naine rouge que la précédente et peu propice à abriter la vie de ses exoplanètes, si elles existent. Elle passera ensuite au large (une AL) de TYC 3135-52-1 dans 300000 ans, probablement sous forme de passoire de l’espace.
Au début des années soixante-dix on connaissait bien les distances interstellaires, alors pourquoi inclure des messages inertes dans une minuscule sonde indétectable, sans moteurs actifs et efficaces, d’une technologie qui deviendra obsolète et qui passera très loin d’une étoile, sans même pouvoir espérer tourner autour ?
Autre exemple ; À la même époque on supposait que l’étoile de Barnard avait un système planétaire et on pensait y envoyer un vaisseau (Daedalus) sans avoir la certitude d’y trouver une planète. Cette exoplanète fut finalement trouvée en 2018, une super Terre très froide ; – 170° en surface.
Les sciences ont toujours eu derrière elles ce reliquat de certitudes disparues, vieilles casseroles dont on hésite à se séparer et qui ont fait en leur temps, d’excellentes préparations, mais qui à présent sont bonnes à la transformation !
Ci-dessous "Voyager Golden Record". Image sous licence Pixabay.

Fin du vingtième siècle ;
Les sondes orbitèrent autour de Jupiter, Mars, Saturne et les données, les photos reçues furent stupéfiantes mais enfouirent à jamais le mythe des petits hommes verts. Le premier Rover parcouru quelques mètres sur Mars ; il ouvrait l’ère de l’exploration robotique, moins chère. On ajouta aux satellites d’observation de la Terre, des stations spatiales ou des humains évoluaient en absence de pesanteur. La réalité rejoignait la fiction, mais en mode miniature et sans pesanteur artificielle. Un autre facteur entrait en jeu ; les coûts. Ailleurs l’exploration spatiale a dû aussi débuter par tâtonnement, essais improbables. Ont-ils persévéré vers le voyage spatial ces éventuels autres mondes ?
Sur Terre on ne pensa plus à trouver traces de civilisations extraordinaires disparues, reflets de légendes qui avaient parfois racines dans une certaine réalité, l’explosion du volcan Santorin par exemple, ou dans cet imaginaire fécond, propre a l’humain, semble-t-il et qui serait à l’origine de son formidable développement.
Les lointaines caméras se retournèrent et la planète bleue devint un point isolé de l’espace.
Les satellites planétaires furent cartographiés, on survola les comètes. On envoya des télescopes dans l’espace qui dévoilèrent un extraordinaire ciel profond, suffisamment intrigant pour tenter d’y repérer plus de ces fameuses exoplanètes récemment découvertes. Il était enfin prouvé qu’il y a des planètes ailleurs !
La phase d’exploration suivante débuta avec les sondes de contacts téléguidées à grand rayon d’action qui se posèrent sur Mars. Les vaisseaux automatisés seront-ils les futurs découvreurs de l’espace lointain ?
Les extraterrestres de fiction sont devenus des êtres abominables, venus coloniser la planète à bord d’immenses vaisseaux métalliques suspendus dans les airs. Il reste vrai qu’on ne parcourt pas des dizaines d’années-lumière au travers d'un univers hostile, durant des dizaines d’années, pour seulement souhaiter le bonjour, de là à passer du bonhomme aux grands yeux à l’insecte suceur géant, l’imagination s’égare, mais reste dans le périmètre de l’imaginaire bridé, tant du fait de la seule réalité que nous voyons que celle des fantasmes et des peurs de toutes natures qu’elles soient.
Avec les vaisseaux suspendus dans les airs on revient aux vieilles images représentant l’an 2000, mais avec cette fois une exagération très nette ; la fiction a elle aussi ses vieilles casseroles. On se demandait si les états, les armées ne cachaient pas la réalité des phénomènes inexpliqués, décidément fixés sur les toujours petits hommes verts !
La vie n’est plus différentiée de la matière inerte, il n’y a plus de « matière vivante », c’est une organisation de la matière, ainsi l’espoir renaît au travers d’un kaléidoscope de possibilités nouvelles, mais l’univers reste immense dans ses dimensions physiques et ses dimensions de temps passés qui ont pu l’éffacer. Sur Terre les manifestations de la vie apparaissent de plus en plus complexes ; des fonds marins aux sommets les plus haut, des bactéries aux humains en passant par ces êtres que sont les plantes, les champignons.
La physique des certitudes voit ses bases ébranlées par les probabilités, mais la vie aurait-elle été créée dans sa diversité sans cette incertitude, ce hasard, cette brisure de symétrie, ce chaos qui lui permet d’évoluer ? La nouvelle physique dite quantique est prometteuse, mais ouvre l’esprit chez le grand public à une nouvelle fiction qui n’a rien de crédible et voilà cette fiction repartie vers de nouveaux horizons aussi faux que les précédents ! Le monde quantique reste difficilement concevable, mais il n’est pas présent pour plaire à l’humanité, toutefois une beauté évidente s’exhale de cette nouvelle vue de la physique qui mieux comprise offre le développement de nouvelles techniques bien réelles.
L’an 2000 et après ;
Ces holobiontes de type humain.
Avec le début du vingt-et-unième siècle les disciplines s’interconnectent, la vie est pensée différemment dans sa globalité et n’est plus réduite aux êtres capables de communications extraterrestre. Les recherches fondamentales se poursuivent même ombragées par les recherches mercantiles. On se posa sur Titan, une comète, la lointaine Pluton dévoila ses secrets. On se reposa sur Mars avec ce qui est désormais le classique fruit de collaborations internationales. Mars se voit strié non pas de canaux, mais de ravines crées par un liquide ; la vie, si elle a eu le temps est peut-être apparue sur Mars.
Un détail : la lune impose à la croute terrestre un soulèvement de trente centimètres (Europe), Io, satellite de Jupiter voit sa croute de surface se soulever de cent mètres, Io est chaude par effet de marée. Les lointains mondes tranquilles n’existent pas, la zone de confort humaine se réduit à la Terre.
La recherche de la vie est devenue incertaine et se cadre sur la présence des briques primordiales, de minuscules fossiles, des bactéries ou virus, mais on espère encore une vie plus élaborée sous certaines surfaces comme celles d’Europe, lune de Jupiter, toutefois des irréductibles chercheurs de vie intelligente ont développé un programme de recherche radio et laser uniquement dédié aux mondes technologiques. Le nombre des exoplanètes ne cesse de croître et dévoile un univers extravaguant de diversité, ce qu’on peut constater à présent dans le détail en observant les planètes orbitant autour de notre soleil, toutes très différentes les unes des autres.
Il est envisageable de développer des colonies sur la Lune, Mars ou Titan, mais pas hors du système solaire.
La vie n’existe donc pas en tant qu’élément indépendant qu’on pourrait définir comme différent. Les fonctions complexes découlent d'interactions entre des formes auto-organisées, cet ensemble de processus ne semble pas générique, il y a contingence des mécanismes, mais pas de but. La vie avance à l’aveugle. Il n’y a pas de lois, mais des mécanismes d’évolution, des séquences de processus étalonnés en millions d’années. Le processus créant la vie nous est encore inconnu, mais il n’est pas issu d’une autre physique, plus ou moins étrange. La vie serait-elle une manifestation de l’univers, son enfant terrible ?
L’humain ultime disparaît, il n’est plus sommet, mais en transit vers une autre évolution spécifiquement terrestre co-évoluant avec d’autres genre de vies avec qui il partage des gènes organisés autour d'un même ensemble structurel; l’ADN.
L’humain par son interdépendance symbiotique, hôte de microbiotes divers, est désormais un "holobionte de type humain", une définition que des êtres venus d’ailleurs prendraient certainement en compte et qui est l’intitulé de notre carte d’identité cosmique. Notre passeport ; « Holobionte de type humain, planète Terre, système solaire ».
Avec la sonde « New Horizon » il est prévu de stocker un message téléchargé sur son ordinateur et qui ne sera pas émis, cette initiative prolongerait la tradition des sondes Voyagers ! L’immensité de l’espace est un concept que nous n’acceptons pas, peur du vide, peur d’être seuls dans l’univers, ou peur d’être seul tout simplement ?
La Terre est devenue planète extraordinairement complexe, comme ces exoplanètes avec leurs spécificités, on s’en doute, très complexes aussi. Il n’y a plus une seule évolution, mais des évolutions multiples dans un contexte général commun et personnalisé dans chaque système planétaire. Notre exemple vivant n’est plus, que, ce qui s’est passé sur Terre et pas ailleurs, même sous les lois communes de l’univers. Le phénomène vivant est peut-être plus rare que l’on pensait et peut-être même spécifique à la Terre, toutefois ailleurs, de possibles spécificités de coévolution sont probables.
L’univers physique vu de nôtre vingt et unième siècle nous apparaît encore plus gigantesque qu’il ne l’était, voir; Développements page 2 ; bien au-delà et l'on peut aussi mieux appréhender cet infiniment petit qui semble nous positionner au milieu de l’échelle des grandeurs. On arrive à cartographier des multitudes d’étoiles en trois dimensions et des millions de galaxies ! L’univers devient plus dangereux, hostile à la vie, incontournable et le traverser même pour quelques années-lumière est gageure certaine. Un vaisseau si gigantesque qu’il soit, n’est qu’une poussière dans un très vaste océan.
Ce que l’on pensait acquis est désormais remis en question par des avalanches de découvertes, qui pour certaines, consolident les bases de ce que nous savons et qui met ainsi au garage bien de fausses espérances. L’échelle des temps passés est un fait et ce passé est inaltérable, le futur à venir est ouvert, (personne ne voyage dans le temps, mais on peut créer son propre temps), l’univers reste immensément immense (pour les autres aussi) et la vie que nous connaissons spécifiquement terrestre.
Ci-dessous holobiontes de type humain. Image sous licence Pixabay.

Les grandeurs de l’espace et du temps font que nous ne rencontrerons pas d’êtres a nous similaires.
Le grand silence des astres, s’il se confirme, est un état à considérer qui indique peut-être que les civilisations n’ont pas d’avenir à long terme. Si l’univers nous a fait l’honneur d’être les premiers, ne serait-il pas de bon ton d’en être digne ?
Trouverons nous la vie ailleurs ? Ce qui est certain c’est que notre compréhension de tous les phénomènes, toutes disciplines confondues, ira en augmentant et que nous aurons des réponses et que ces réponses seront ce qu’est l’univers et non ce que nous voulons qu’il soit.
Trouver la vie ailleurs c’est aussi entretenir la vie diversifiée qui est sur Terre, surtout si l’on veut installer ailleurs le monde humain qui n’est qu’un composant de la vie sur Terre.
Didier Groux 2018

