
Le projet "NS Hope"
Et l’humain ?
Un environnement hostile difficile à maitriser pendant et après le voyage font de ces gens de futures entité biologique cyborg. L’évolution sera inévitable pour pallier par exemple, à la pesanteur du vaisseau très caractéristique de celui-ci et à celle d’Elpis. Je me suis contenté d’emprunter des personnages sans les modifier, ne sachant pas ce qu’ils pourraient devenir au sortir des cabines de biostase et sur Elpis.
L’histoire ;
L’écriture du « problème premier et ses conséquences » m’invita à penser à ces gens, décidés malgré tout, au plus long voyage de l’espèce humaine. Ce qui m’importait était le jour zéro, au moment précis où le vaisseau augmente de vitesse et quitte l’orbite terrestre. Il me fallait toutefois, pour tisser la trame de cette histoire, définir globalement ou va le vaisseau, pour combien de temps, quand et avec qui. Je me suis pris au jeu en imaginant Corie et Dan, Keiko et tous les autres regardant l’image diminuant de la planète bleu blottis dans leur cabine de biostase en ce début de vingt-troisième siècle en route vers la lointaine « Elpis » a bord d’un minuscule grain de sable dans l’immense océan stellaire, cinquante ans durant.
L’international ensemble que forme le projet, rassemblera des milliers de chercheurs, ingénieurs, techniciens les plus divers, politiques, mécènes, etc. restés sur terre. Je les ais regroupés sous la bannière des « United States of Earth », USE, les états Unis de la planète Terre, sigle qui apparait sur la version cinq de l’espérance. Le nombre de voyageurs fut définis.
Avec Keiko je franchi le cap de l’international humain, de plus, la banque de donnée de personnages se fortifie de gens de toutes races, c’est idéal, suivirent Abhaya, Fahd et sa femme, Yvan, Rwenzori, Lone, Chenoa, Ushi et sa femme Mee, Yulian, Sudarshan et Manuel.
Comme j’ai plus découvert que crée « l'Espérance », je découvris mot après mot, mes personnages qui m’échappaient aussi, de par leur fonction par exemple; Fred est ingénieur mécanicien sur moteur antimatière, Fahd est un agronome spécialisé dans les protocoles d’accès à un monde extra-terrestre, Rwen, l’africaine, est experte en art martiaux etc.
D’autres noms apparurent ; John l’astronaute et sa fille Kate, Maximilien le cuisinier, Noûr l’informaticienne, Tara, Kana, Des surnoms comme Fred, Lony, Max, Rwen s’imposèrent. Je trouvais des noms propres pour quelques-uns comme je l’avais fait pour Corie et Dan.
C’est en esquissant le passé de Rosa et de Keiko que l’idée des caractères propres à chacun s’imposa ; Rosa, l’entité biologique cyborg, a sauvé Dan de la noyade au péril de sa vie, Keiko a perdu ses parents alors qu’elle était très jeune et considère l’espérance comme sa maison, entité en fait, et protectrice de surcroit. Le lien qui unit Keiko et l’entité Espérance m’est difficilement imaginable et a sans doute un impact fort sur ce qui me semble une extension de l’entité humaine. Toute forme de vie est reliée à « l'Espérance », également le matériel robotisé, ce qui forme un ensemble global.
Je dus noter les traits caractéristiques de chacun tant caractériels que physiques ou spécifiques à chacun, comme le pays de naissance, le passé etc.
Concrètement les objets a bord accèdent a vos demandes et il est possible de partager sensations et pensées.
L’interface connue de nous tous, avec un ordinateur par exemple, n’existe plus, j’ai toutefois laissé quelques boutons çà et là, car un système aussi complexe qu’il soit, se doit de garder des interfaces basiques.
Les autres ;
Une plante, un animal, l’être humain, possèdent bactéries et virus en un ensemble indissociable. Quoiqu’on fasse le vaisseau sera rapidement colonisé par ces entités. Les plantes a bord seront maintenues a l’état de graines par exemple, les animaux a l’état d’embryons et peut-être aussi les humains. L’entité « Hope » abrite des états de vies latents.
Ci-dessous, John et sa fille ; Image Didier Groux.


Ci-dessus ; Rosa. Image Pixabay, cadrage Wix
Rosa ;
Au début je voyais Rosa biologique dans son être, avec toutes sortes d’implants mécaniques reliés entre eux et à l’extérieur par ondes radio. Elle était cyborg, un organisme humain a qui l’on a greffé des parties mécaniques (cœur artificiel, os) ou électronique (pacemaker). Je la voyais sous la forme d’un hexapode, une forme apte à œuvrer dans l’espace ou ailleurs, mais cette créature rappelait bien trop les araignées pour préférer la forme humaine un peu simple, mais suffisante et je laissais aux robots le soin de se déplacer avec six pattes ce qui a bord d’un vaisseau spatial n’est pas des plus pratique. Rosa avait des yeux électroniques, un cœur artificiel. Je fixais l’âge de Rosa à vingt ans au départ du vaisseau, ainsi ces implants ne devraient être ajoutés que s’ils remplacent un organe. Rosa aurait pu avoir pléthore d’accidents avant sa vingtième année, ce qui l’aurait écartée des candidatures pour ce type de projets. Je pensais donc à des implants plus discrets logés sur la rétine ou dans l’oreille interne et destinés à une amélioration et ai des implants destinés a contrôler le fonctionnement du corps. Des implants neuronaux permettent a Rosa d’agir à distance sur des mécanismes, des robots, ce fut aussi le cas de ses coéquipiers.
Je me suis tourné ensuite vers la génétique avec l’espoir du créateur de Frankenstein qui remettait en vie, mais qui ne créait pas. La vie a choisi un schéma qui consiste à créer un être à partir de deux autres, mais ce n’est pas une nécessité.
Pouvait-on créer en empruntant une enveloppe biologique, par transfert d’information électronique du cerveau, cependant il fallait pour ce faire détruire un corps.
Pouvait-on créer en empruntant une enveloppe mécanique, celle d’un robot ou mieux d’un Android et j’appris que le cerveau est parti indissociable d’un corps, qu’il a évolué avec et continue à le faire jusqu’à la mort.
Pouvait-on créer la vie à partir d’un Android, lui donner une intelligence faite d’algorithme ? La condition est que ce calculateur doit être muni de senseurs performant comme la peau, par exemple. Le programme doit inclure ce que tout être vivant apprend qu’il peut ensuite tester d’une manière et d’une autre. Cette intelligence dérivée pourrait représenter une autre forme d’intelligence. J’adoptais le concept, mais pas pour Rosa.
Rosa resterait un humain car rien ne prouve qu’il est possible à une suite de données binaire de stoker autant d’informations pour fonctionner. Je suivis la piste biologique, celle que la nature a mise au point et qui présente un très haut niveau technique qui surpasse largement ce que l’être humain peut créer. J’ai gardé la part ‘cyborg’ de Rosa en lui confiant le soin d’améliorer ses performances visuelles, olfactives et auditives.
Rosa devait rester cette merveille qu’est un corps organique complexe en vie. Rosa me forçait à m’intéresser à la biologie, la génétique parce que je devais aller plus loin.
On pensait qu’en séquençant les génomes la vérité serait enfin établie, hélas la fin du chemin n’était que le début de celui-ci ! La réalité dépasse encore la fiction ou sont plongées nos certitudes de savoir en ce début de siècle. Ces certitudes restreignaient la biologie à cet ensemble qu’on voulait bien net, bien huilé un peu comme ce qu’on voulait que soit notre Système solaire et qui fait que pourtant ces agrégats qu’on nomme planètes, sont des objets très différents les uns des autres.
La vie a trouvé des parades à toute sorte de problèmes, certains organismes vivent plusieurs siècles, certains animaux ont la capacité de recréer un membre disparu par accident, d’autres côtoient des environnements extrêmes etc. Lentement je transformais Rosa en chimère, un être modifié avant et après sa naissance. La fiction me permettait d’imaginer certains gènes de Rosa comme non humains.
Rosa n’a pas deux parents biologiques, mais de multiples parents, Rosa est une chimère qui ne craint pas les maladies, aucun virus ne peut modifier ses cellules, aucune bactérie néfaste ne vit en elle ; Rosa a une défense immunitaire totale. Les cellules de Rosa se répliquent quasiment à l’identique, ainsi elle peut théoriquement vivre indéfiniment. La petite Rosa que j’imaginais au début de ce conte assez fragile, est devenue après réflexion un être quasiment immortel !
Les facultés de Rosa lui permettent, par exemple de taper un texte en discourant en une troisième langue parmi les dizaines qu’elle a mémorisée. La conscience de Rosa est de par son éducation, épurée des peurs humaines, des dogmes et croyances et elle peut, si bon lui semble, se déconnecter de ses nombreuses facultés pour entrer en dormance avec la possibilité d’en sortir immédiatement. En agissant ainsi Rosa économise une énergie qui lui permet de ne plus s’alimenter quotidiennement et de ne pas en souffrir. Rosa enfin a une peau différente de la nôtre…
Dans cette histoire, là où tout se complique c’est qu’Espérance a conscience d’elle ou de lui-même et cette entité n’a rien d’apparence humaine.
L'entité "Espérance" choix ;
La contrainte représentative de l’entité « Espérance » est bien moindre, toutefois elle existe déjà avec une voix, mais associer un corps d’apparence biologique m’a semblé assez irréaliste dans son ensemble global qui peut pour humains et autres entités se visualiser en hologramme de forme humaine sur écran et hors d’écran en une forme 3D qui peut être très simple et de formes variées. Je vois l’entité « Espérance » en un ensemble biologique dilué, un cerveau amélioré aux adaptations multiples.
L’entité, avec quelques milliers d’outils contrôlés directement ou à distance, est en mesure de créer ce que bon lui semble à toute les phases du processus et cela dans tout domaines. Envisager et créer un propulseur spatial, par exemple, lui est possible, tout en ayant en même temps, quelques milliers d’activités différentes les unes des autres. La division des taches est obligatoire chez les humains (ingénieurs, techniciens etc.) et pour Espérance ce n’est pas le cas. Les capacités mémorielles de cette entité sont très supérieures à celle des humains pourtant dotés en ce début de vingt-troisième siècle d’implant cérébraux performants. Comment imaginer, évaluer son intelligence au-delà de ses capacités mémorielles et techniques ? Est-ce seulement possible ? Ne serait-ce pas pure illusion ?
Avec cette entité ce que j’imaginais d’un futur vaisseau spatial changea radicalement ; On peut l’imaginer comme un appartement, une maison, qui ressent vos émotions, parle en vous directement, agit en préparant vos déplacements, et répond immédiatement à n’importe quelle question qu’on lui pose en offrant des réponses explicatives et pertinentes. Par implants et microstructures implantés l’entité indique en temps réel votre taux de cholestérol, votre pression sanguine par exemple. Elle analyse votre humeur, vos pensées et peut agir immédiatement a une infection par exemple si vos défenses naturelles ne sont pas en mesure de le faire. L’entité réagit en temps réel à tout ce qui se passe dans ce qui est en fait son intérieur et vous en faite partie. Espérance est une entité biologique à très forte intégrité cyborg. Espérance est devenu un être vivant. L’espace de vie « Hope » est un lieu vaste, mais clos, ou l’on entre une fois et qu’on en sort une seule fois cinquante ans plus tard après un état de vie latent de plusieurs dizaines d'années.
La vie ailleurs ;
Il est fort possible de trouver des états de vie primaire sur un autre système planétaire ou un système plus élaboré, quand à une civilisation c’est fort peu probable, les grandeurs du temps et de l’espace étant ce qu’elles sont.
Dans cette histoire je suis allé a ce que je désire imaginer, un état de vie sur Elpis photosynthétique et forcément bactérien, très certainement accompagné d’un autre genre de vivant, car la vie multiplie ses essais sous les formes les plus diverses, sans toutefois pouvoir définir ces autre genres, gêné des comparaisons inévitables avec les exemples terrestres.
Pour l’illustrateur, la présence de vie sur Elpis lorsqu’aura lieu le débarquement, se dessine avec toute protection humaine possible, même si l’atmosphère est respirable. La vie ailleurs a dû s’adapter aux conditions spéciales rencontrées et a peut-être crée de surprenantes formes de vie ! Cela dit, les lois de la nature font que la vie est un ensemble très varié et soumis à ces lois, ainsi un ver géant sera écrasé par sa propre masse par exemple, sauf dans un environnement marin bien sûr, mais pas dans du sable (Dune 1984), vers qui doit se nourrir, se reproduire etc. et donc réagir à d’autres formes de vie, sans lesquelles il n’existerait pas. La vie ailleurs est complexe, comme sur terre et se compose de millions d’espèces diverses et s’illustre ainsi avec peut-être des formes géantes, mais certainement avec des formes de la taille des virus.
Je suis tenté d'imaginer une vie végétale ressemblant à celle qu’on trouve sur terre, (du genre forêt primaire) et donc plaisante, cependant des formes de thalle (corps non différencié) végétal géant, pourraient ramper en surface et contenir un suc digestif impropre à la consommation humaine, même après traitements.
La croissance des plantes sur Terre est très lente, mais qu’en est-il ailleurs ? Certaines plantes terrestres ont des mouvements réels de défense et d’attaque qui existent aussi probablement ailleurs. On peut imaginer de petits harpons venimeux ou des sacs libérant des gaz toxiques...
Les seules armes du « Hope » sont les intelligences embarquées à bord et un bouclier magnétique. Le « Hope n’a pas de canons, mais est en mesure de détecter, écouter, sonder l’espace infini et aussi de créer des armes, je pense à des armes biologiques.
Je suis parti avec l’idée que la vie existe ailleurs, mais est-ce le cas ? L’entité essaimera peut-être la vie ? Présentement, n’est-il pas de notre devoir de la préserver sur terre ?
La suite de mes recherches sur le Net ;
Les recherches sur le vivant se sont affinées ;
La vie n'existe plus en tant qu'entité indépendante qu'on pourrait caractériser, il n'y a plus de « matière vivante ».
Les fonctions complexes découlent d'interactions entre des formes auto-organisées, il y a contingence, mais pas de but. L’humain ultime disparaît, il n’est plus sommet, mais en transit vers une autre évolution, une évolution très terrestre et qui sera différente loin ailleurs.
L’humain par son interdépendance symbiotique, hôte de microbiotes divers, est un holobionte de type humain, une définition que des êtres d’ailleurs prendraient en compte.
Ci-dessous un holobionte de type Arthropode, planète Terre ; Image Didier Groux.


