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Développements page 3

     Le second problème et ses conséquences ;

     Comportement ;

Après avoir vu ce qu’impose notre gigantesque univers (dimension et temps infini) et prit un aperçu des problèmes que cela engendre, le deuxième problème majeur c’est l’être humain et son comportement social, sans même envisager les considérables défis techniques à mettre en œuvre pour aller d’un système planétaire a un autre.

Partir aussi loin ou jamais être terrestre n’est allé, c’est laisser famille, enfant(s), amis, souvenirs, sensations et cela sans certitudes absolues d’arriver à bon port et de pouvoir s’implanter durablement sur ce minuscule point d’univers qu’est la planète d’accueil, dont on ne saura que peu de choses. Partir aussi loin c’est accepter une mort qui peut arriver à tout moment, c’est accepter un corps qui va forcément changer et de nouvelles sensations peut-être pas si plaisante que cela.

     Agressivité ;

Toutes les espèces vivantes sont agressives, il y va de leur survie. En fait le problème de l’agressivité humaine se révèle bien excessif et semble spécifiquement humain, une humanité qui en a créé une représentation imposée comme spécificité du monde vivant, pour excuser les comportements inacceptables d’un genre prétendument évolué.

Le voyage interstellaire sera long, voire très long et écaillé d’un nombre considérable de problèmes à résoudre dans un environnement extrêmement hostile. Cet environnement obligera une solide cohésion de groupe, sans cela il serait inutile de tenter un tel voyage et l’implantation d’une colonie de plusieurs milliers de personnes censée prospérer..

      « À quelle fin tend ce cercle de misère, de violence et de peur ? Il doit bien tendre à une certaine fin, sinon notre univers serait gouverné par le hasard, ce qui est impensable. Mais quelle fin ? Voilà le grand problème qui est posé depuis le commencement des temps, et la raison humaine est toujours aussi éloignée d’y répondre. » Arthur Conan Doyle ; La boîte en carton (1893).     Ci-dessous image sous licence Pixabay.

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     Arbitrage ;

     A bord ;

Pour ma part j’ai imaginé un  tiers médiateur en une entité indépendante, intelligente, qui est ici le vaisseau lui-même, toutefois ce partenariat devra être humain si la sagesse s’impose enfin dans les tourments de l’âme humaine !

     Cet arbitrage externe et interne a un corps n’a rien à voir avec ce que nous envisageons actuellement pour le futur et qui consiste a croire qu’un ensemble d’opérations mathématiques est une intelligence, mais plutôt un ensemble de synergies comprenant organismes vivants et robotisés très évolués, de sorte qu’un problème puisse être résolu, non par un seul individu, mais par l’ensemble des acteurs. Entité et organismes terrestres forment donc un ensemble inséparable, ce qui me semble nécessaire pour prévenir de dangers immédiats, au sens ou la réaction devra être bien inférieure au centième de seconde, ou prévenir des dangers a plus long terme, comme des comportements dangereux au sein d’une équipe.

     J’entends par arbitrage externe la relation vocale, visuelle et physique avec Espérance et interne de même ordre, par interface d’implants reliés au système nerveux. Ces implants ne sont pas neutres et différents des implants de mesure qui servent aux diagnostics et se situent surtout dans le cerveau. L’interaction est à double sens; il n’y a pas de contrôle total de l’entité sur un individu. La réalité actuelle fait qu’il est possible de guider un robot a l’aide de récepteurs posé sur le crâne, un jour ces récepteurs seront internes ; le signal sera direct .

     Je vois l’entité « Espérance » en un ensemble biologique, un cerveau amélioré. Un être vivant n’est adapté qu’à ce qu’il doit faire pour vivre dans son environnement. La nature est économique à juste raison, mais développer d’autres facultés est possible et dans la nature c’est aussi des adaptations réelles qui se font à l’unité si les besoins l’exigent ; un aveugle va percevoir d’autres sensations.

     Une entité extérieure aux schémas de développements humains aura une approche différente aux problèmes, qui dans le cas du voyage interstellaire seront différents de ceux éprouvés sur Terre. Notre cerveau n’est adapté qu’a la survie dans l’environnement terrestre et a l’échelle qu’il occupe dans le monde vivant, toutefois depuis peu cette échelle est descendue au niveau moléculaire, mais cela a nécessité des milliers d’années d’incertitudes avec comme résultat l’ébauche des lois qui gèrent notre univers sous une forme mathématique inventée et convenable a l’expérimentation. Le cerveau humain explore un monde qu’il n’était pas censé connaître, il est ainsi naturellement bridé.

 

     A bord de l’Espérance, l’intrication des synergies est telle que la disparition de l’entité entraîne celle du vaisseau et inversement la disparition de la vie d’origine terrestre à bord, détruit l’entité qui n’a plus de raison d’être. Il lui est impossible de mettre en danger mortel un organisme terrestre (en respectant une certaine hiérarchie, car nous avons en nous myriade de bactéries dangereuses et virus qui pourraient changer de comportement avec l’hôte humain en apesanteur ou sur un autre monde).

L’entité en question bénéficie de l’expérience humaine et possède sa propre expérience avec des possibilités inconnues de nos jours. C’est un être biomécanique qui a conscience de soi, ici dans cette fiction, Hope est son squelette à la manière des insectes, un squelette externe (exosquelette). L’entité est l’environnement des voyageurs, il capte leur présence et ses capteurs logés dans leurs cerveaux et différentes parties du corps le renseignent diversement et inversement une simple pensée interrogative par exemple trouve une réponse, une action différée ou immédiate sera exécuté (ouverture d’un sas par exemple). Une  réponse immédiate et objective à un sentiment présent sera disponible et cela en une fraction de seconde.

     Ailleurs ;

Faut-il aussi transplanter cet arbitrage sur la planète réceptrice ? L’histoire des humains montre que cela serait prudent. Les informations sur ce monde très lointain ne seront probablement que fragmentaires. Ainsi la synergie des intelligences est nécessaire face à ce qui pourrait être un danger d’une ampleur extrême.

     Avant le départ ;

Cette période couvrira plusieurs dizaines d’années. J’ai pensé à un isolement du projet, sur une île par exemple, mais ce n’est pas réaliste, vu l’internationalité de ce projet, extrêmement coûteux, qui regroupera entreprises privées et publiques de toutes régions du globe, toutefois un certain isolement me semble nécessaire.

L’accident de Challenger en 86, entre autres, montre qu’il faut se défier des comportements humains, des comportements qui induisent des défauts de conceptions, auxquels on peut ajouter les défauts de maintenance et les actes de sabotage.

Un arbitrage contrôlé, mais indépendant est nécessaire d’un bout à l’autre de la chaîne, hors des groupes de pressions (lobby), des influences politiques.

On note toutefois que les intérêts nouveaux de certains groupes influents agissent contre d’autres et font que des changements surviennent, dans l’aviation par exemple la sécurité est à un niveau jamais atteint. La concurrence en technologie de pointe produit des objets de qualité parce que les retombées sont importantes.

     Un vaisseau de voyage interstellaire est un ensemble d’une complexité extrême qui défie l’imagination. Sa conception ne se fera que par des systèmes extrêmement performants ou l’humain n’a pas sa place. Depuis que les sciences existent c’est l’homme qui a créé, inventé, mais cela ne sera plus le cas. On voit déjà l’effet des conceptions assistées, en aérodynamisme par exemple et l’on peut penser que cette synergie fera naître des conceptions entièrement nouvelles dans tous les domaines. L’ordre décisionnel d’une entité intelligente bien conçue répondra immédiatement à un problème complexe.

     Préparations ;

Le voyageur interstellaire devra se préparer à quitter la Terre, à vivre dans l’espace et sur la planète d’accueil.

Une éducation spéciale est nécessaire avant de partir. Le projet, vu son coût, est international et ainsi verra des gens venus de tous horizons, tant ethniques que sociaux. Le choix génétique imposera un mélange de classes avec toutes ses différences.

Accéder au royaume des cieux hostile à la vie et à celui d’une autre planète dont on ne sait pratiquement rien, demandera ce que prône toute les religions ; l’acceptation de la différence des autres, sans cette acceptance l’échec est certains. La pureté originelle a été mal interprétée et mal comprise dans toutes les religions humaines. Ces interprétations s’ajoutent, se cumulent, jusqu’à former des idées, qui même ressenties comme folies, s’établissent en certitudes.

Le conscient ne jubile-t-il que du non-sens ? Le matraquage du dogme reçu aurait-il après la petite enfance, basculé dans l’inconscient ?

Avec les religions du livre s’ajoutent les traductions orientées, enjolivées, les compilations incertaines, les modifications d’arrangements.  Excellence des textes transformés en outils de rétorsion contre les miséreux ?

     Depuis le vingtième siècle les sociétés vivent différemment, mais les dogmes religieux se bornent à répéter, intentionnellement ou non, des idées anciennes qui n’ont plus de sens à présent et qui s’éloignent souvent de ce qu’elles ne devraient qu’être ; des exemples de vie sociale saine.

De son côté la science elle, se rapproche de cette pensée intime de Dieu, pensée qui est accessible comme le prouvent les fabuleuses découvertes faites, alors que les dogmes religieux restent aveuglés par leurs théologies stagnantes. Le genre humain est bien loin de comprendre ce qu’il nomme Dieu et qui est bien plus complexe qu’il ne l’a jamais été et qui restera peut-être à jamais incompréhensible, toutefois il est temps d’accepter que nous ne sommes pas le but créationnel de Dieu et d’adapter les théologies, a la bioéthique par exemple, proposer des thèses nouvelles et non recycler indéfiniment des pensées sclérosées.

Génétique, cette partie intime de la vie et donc de Dieu ;

     Les environnements que sont l’espace et celui de la planète d’accueil sont très différents de l’environnement terrestre et nécessiteront toutes les caractéristiques génétiques de l’espèce humaine.

Le système génétique va s’adapter aux deux environnements qu’il va rencontrer, avec des manifestations physiques certaines, qui feront ainsi des êtres différents d’une parenté humaine de plus en plus éloignée.

Le phénomène "vie" des voyageurs interstellaires va s’adapter et se différencier de l’humanité et ne sera plus humain, même si en apparence elle en conserve la structure générale.

Dans l’histoire humaine les différences venues sur un corps, ne l’ont étés qu’accidentellement, en s’imposant plus ou moins rapidement, mais jamais avec le consentement de la personne.

Dans le cas du voyage entre deux étoiles sans retour, le voyageur devra se préparer à subir deux contraintes physiques bien spécifiques et les accepter, comme des membres qui vont s’allonger, puis se réduire, pour ensuite se transformer en s’adaptant.

     L’action du système génétique et de l’ensemble biologique des espèces vivantes est beaucoup plus souple qu’on le pensait auparavant, ainsi le gène responsable d’une maladie chez un individu ne sera qu’une vulnérabilité chez un autre. Si le tri des gènes de maladies héréditaires graves est nécessaire, la totalité des gènes humains semblent nécessaires au développement, idem des autres espèces du vivant. L’ADN n’est pas déterminant et et son fonctionnement est modifié par l’environnement. Il n’y a pas de potentiel génétique plus élevé qu’un autre, c’est l’éducation qui différencie une personne d’une autre, femme ou homme.

     Sur terre nous partageons notre existence avec des milliards de bactéries, virus et autres vies externe et interne à nous, corps que l’on pensait externalisée  à l’extrême des créations terrestres et qui en fait c’est modelé sur Terre, en partageant avec une multitude de créatures son évolution, ou plus précisément sa coévolution. L’intrication est telle que nous avons même en nous des gènes de bactéries ! Ce partage avéré sur Terre, se fera inévitablement ailleurs avec une nouvelle forme de vie qui intégrera la nôtre, aussi bien que la nôtre s’intégrera à elle. Serons-nous des acteurs pensant et agissant de cette intégration ou laisseront nous « faire la nature » ? Quoi qu’il en soit, il y aura confrontation de deux mondes et le futur voyageur devra être préparé à cela.

     Faut-il rappeler que sur Terre, les ravages  du paludisme en ce début de vingt et unième siècle, font encore des centaines de milliers de victimes par an, ce qui démontre qu’une maladie cela ne se stoppe pas immédiatement et que l’inconnu d'un autre monde, demandera pour être compris beaucoup de temps et volonté commune d’agir ensemble pour atteindre un but non mercantile.

     Le plus difficile ;

La plus délicate, la plus difficile des préparations, mais aussi la plus noble, est interne à la conscience humaine.

    Ci dessous image sous licence Pixabay.

Arbitrage
Préparations
Psyché
Humains dans l'univers

     Explorer l’inconnu a toujours été le fait des êtres vivants sur Terre. Le vivant terrestre a tendance à se multiplier pour évoluer et ainsi occupe des surfaces spatiales de plus en plus grandes. Les premiers êtres vivants ont occupé l’espace voisin, faute de place. Il faut admettre que nous n’avons plus assez de place sur Terre, pourtant de grandes zones vides existent sur Terre et ne sont pas occupées et qui pourraient bien ressembler à des zones en surface d’exoplanètes, qui sont, elles, extrêmement lointaines. S’il est si difficile d’occuper un désert, par exemple, comment envisager l’occupation d’un lieu similaire situé à des milliers de milliards de kilomètres et qui sera peut-être très différent, ce qu’on ne saura qu’en arrivant, qui plus est ? La vie ailleurs ne sera pas de même type, voire très différente au point que ce que nous appelons vie n’aura probablement qu’un sens terrestre. La finitude du voyage interstellaire sera de percevoir ce nouveau monde tel qu’il l’est et qui ne sera pas ce que nous voulons qu’il soit.

La place sur terre nous l’avons, n’est-ce pas le comportement humain qui ne gère que très mal la place qu’il occupe sur Terre, qui en est responsable ? Transplanter cette mauvaise gérance ailleurs dans un environnement probablement hostile est-il garant de réussite ?

J’ai imaginé les voyageurs à bord de l’Espérance très différent physiquement, parce que modifiés génétiquement et physiquement par des parties du corps biomécaniques, mais aussi différents dans leur psyché. Une future conception plastique est imaginable, quoique incertaine, mais qu’imaginer d’une psyché différente, est-ce seulement possible quand on est humain ?

     « Chacun rêve de changer l’humanité, mais personne ne pense à se changer lui-même ». Tolstoï Pamphlet

Ici, ce n’est pas l’individu qui est prépondérant, mais le groupe.

     A suivre..

Projet NS Hope
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